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Réalités Parallèles

Ergonomie et conception de jeu vidéo

Méthodes en psychologie

  1. Observation
    1. Observations ouvertes
  2. Observation systématiques
  3. Entretien directif
  4. Entretien semi directif
  5. Entretien non directif
  6. Analyse d’activité
  7. Test utilisateur
  8. Occulométrie
  9. Focus groupe

Observation

L’observation est une technique très utilisée en ergonomie, puisqu’elle permet de mesurer l’activité réelle de l’opérateur. Elle peut prendre la forme d’observations ouvertes ou fermées. Dans les deux cas, il s’agit de relever des observables, c’est à dire, des faits visibles par tous, sans faire d’inférence quant à leur signification, utilité, à l’intention qui se trouve derrière. L’observation permet d’objectiver une situation en s’attachant au réel.

Observations ouvertes

L’observation ouverte permet de repérer des actions qui semblent illogiques, improductives, inadaptées, originales, détournées, impressionnantes. Or ce sont ces observations ouvertes qui vont donner la direction à prendre par la suite, car elles permettent de déduire les stratégies mises en place par les opérateurs pour arriver à leur fin, les difficultés qu’ils rencontrent, leur compréhension de ce qu’ils ont à faire. Ceci ne peut être obtenu qu’en combinant des observations d’évènements avec des verbalisations, qui elles, vont donner le sens de l’action.

Observation systématiques

Les observations systématiques permettent de recueillir des données quantitatives relatives aux actions, stratégies, difficultés qui nous intéressent. Elle sont ciblées et concernent un ou plusieurs types d’observables définis par avance et représentés sur une grille.

Entretien directif

L’entretien directif est utilisé pour obtenir des précisions sur des questions précises. Il est composé de plusieurs questions invitant à des réponses ouvertes courtes. Il permet d’obtenir des informations riches sur un point particulier, abordé de façon exhaustive.

L’entretien directif est souvent constitué sur la base d’entretiens moins directifs, afin de cibler au mieux les questions pour qu’elles soient pertinentes. Les réponses étant courtes et souvent liés à des attentes fortes, il est possible de se contenter d’une prise de note pour recueillir les réponses. L’analyse se fait toujours de façon utltérieure.

Entretien semi directif

L’entretien semi directif est employé pour préciser certains aspects d’un thème, d’une question. Il permet de guider le discours de l’interviewé vers les sujets qui intéressent l’interviewer, tout en restant assez neutre et ouvert dans le développement des réponses. Le meneur de l’entretien doit donc utiliser, en dehors des deux ou trois questions qu’ils posera, utiliser des relances neutres pour ne pas influencer le discours de son interlocuteur.

Cibler ainsi plusieurs thèmes abordés dans le discours permet d’obtenir des données plus cohérentes entre les différents sujets, en s’assurant que tous évoquent les mêmes questions, et ce, afin de pouvoir établir des relations ou comparaisons entre les différentes verbalisations.

Avec cette technique aussi, la complexité et richesse des données recueillies requiert une analyse postérieure sur la base d’une retranscription.

Entretien non directif

L’entretien non directif de recherche est souvent employé pour aborder un thème en amont d’un questionnement. Il s’agit d’un entretien dans lequel le demandeur intervient le mins possible dans le discours de l’itnerviewé et met en place une écoute active : il tente de comprendre ce que dit l’autre et ne se permet que des relances neutres afin de ne pas influencer le discours.

Ce type d’entretien permet de découvrir une question, ses aspects saillants et d’obtenir des données riches et précises sur ce qui semble être des point d’intérêts pour l’un ou l’autre des participants. Il permet aussi de mettre en évidence des aspects de la question auxquels on n’aurait pas pensé spontanément, mais qui sont néanmoins importants, puisque évoqués.

Les données verbales sont généralement enregistrées, ce qui permet une analyse à postériori de son contenu.

Analyse d’activité

L’analyse de l’activité est une méthode en ergonomie qui vise la compréhension de l’activité des utilisateurs en situation réelle. Plus qu’une technique en elle même, c’est un contexte de recueil de données. Elle est constituée de deux étapes.

Une première phase exploratoire permet de faire émerger les problématiques et points d’intérêt d’une situation – dans notre cas, l’interaction d’un utilisateur avec un jeu. Cette première phase passe par des observations ouvertes. On définit ainsi progressivement une problématique à traiter, que l’on peut préciser par des entretiens ou d’autres méthodes.

Cette phase permet aussi de construire progressivement la grille d’analyse qui va servir dans la seconde phase, à trouver des réponses aux questions que l’on se pose. La seconde partie de l’analyse de l’activité est donc basée sur des observations systématiques. On obtient ainsi des données permettant de vérifier l’hypothèse sur laquelle on travaillait.

L’avantage de cette méthode est d’observer l’utilisation réelle du produit. Ainsi, elle permet de mettre en évidence des utilisations spontanées des programmes, plus ou moins prévues, et de mettre celles ci en relation avec la question posée, notamment à travers les verbalisations.

L’inconvénient, dans une certaine mesure est que l’on ne contrôle pas ce que fait le joueur, donc, il est impossible de prévoir ce que l’on va observer ou si la situation que l’on veut observer se présentera lors de la prochaine confrontation entre joueur et jeu.

Test utilisateur

Le test utilisateur est un contexte de recueil de données. Cette approche pose un script d’utilisation que le joueur doit suivre. Dans ce cadre, l’ergonome peut mettre en oeuvre différente techniques de recueil de données telles que les observations systématiques, l’entretien, le questionnaire, l’auto-confrontation. Cela permet de contrôler plusieurs facteurs, comme l’objectif du joueur au cours de la partie, afin de provoquer les situations que l’on désire observer.

Cette méthode permet de recueillir des données riches et ciblées, mais perd en écologie. Elle est pratique pour tester et vérifier des hypothèses, à partir de situations précises.

Occulométrie

L’occulométrie est une technique utilisée en ergonomie pour observer l’activité des utilisateurs à partir des mouvements de leurs yeux. Un système repère la position des yeux et le reflet d’une lumière infrarouge sur la cornée, afin d’en détecter le mouvement, ce qui permet de calculer l’endroit (d’un écran) ou se porte le regard.

L’enregistrement de ces mouvements permet par exemple de détecter des zones attirant plus ou moins le regard sous forme de cartes de chaleur (heatmaps), ou encore de mettre en évidence l’ordre dans lequel les constituants d’une image sont regardés, si certains sont totalement négligés, etc.

On peut ainsi étudier ce que perçoit visuellement le sujet au cours d’un test utilisateur, mais aussi les différences liées a des tâches spécifiques. Elle donne la possibilité de s’intéresser à l’attention, aux stratégies de recherche d’information, donc par extension à la lisibilité d’informations présentées etc.

Le dispositif est adapté à tout type d’utilisateurs, et requiert seulement un rapide calibrage avant le recueil de données. Une première analyse des données peut être fournie directement par la machine (cartes de chaleur, fréquence de regard par zone par exemple) et un export permet de réaliser soi même des analyses plus poussées.

Focus groupe

Le focus group est une méthode qualitative par excellence. Il est particulièrement avantageux en début de projet, puisqu’il ne requiert nullement de prototype comme support. Il permet de recueillir des informations particulières en matière de besoin de l’utilisateur, de sa perception d’un produit ou d’une catégorie de produits, mais aussi de ses attentes, attitudes, et surtout, du vocabulaire utilisateur.

Les contenus recueillis au cours d’un focus group peuvent être évoqués ou discutés en profondeur, mais c’est leur récurrence entre différent groupes qui permettront de leur accorder un certain degré d’importance.

Ainsi, le focus group permet de bien cerner le profil de l’utilisateur et ce à quoi il faudra faire attention dans la phase de conception. Il permet aussi de s’adresser à l’utilisateur avec un vocabulaire qui lui est familier, notamment lors de l’écriture du manuel, des textes, du choix des mots du menu, etc.

Posté par Orsoral le 2010-03-25. Dernière mise à jour le 2024-06-07

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