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Flupa UX Day 2016 : Le culte du cargo et la pensée magique en design d’expérience

Le culte du Cargo est une forme de pensée magique où l’on attend un résultat en reproduisant mal une technologie sans en comprendre le fonctionnement. L’utilisation d’une fausse technologie “magique” par méconnaissance de la technique qui se cache derrière est un problème auquel nous sommes souvent confrontés. Comme dit l’auteur de la conf, voici 5 concepts pour “briller en société”.

L’histoire du culte du Cargo

Sur une île occupée par l’armée américaine, les tribues locales observaient la base étrangère. Voyant qu’en parlant dans des radios, des avions venaient livrer du ravitaillement, la tribu trouva le système très pratique. Dès le lendemain, ils commencèrent à sculpter de magnifiques modèles réduit d’avions en bois et des boites radio en tout point identiques. Ils parlèrent dans leur boites de bois vide, espérant réellement l’arrivée de vivres par les airs. De là vint le culte du Cargo.

Dans notre travail, le culte du cargo réfère à une science aproximative, un Copier-Coller informatique (code, menu…). C’est la pensée magique du directeur qui nous demande de devenir le GAFA de son domaine. Vous l’avez déjà entendu: Nous serons le google de la comptabilité. Si Amazon le fait c’est que ça marche! On va faire une appli pour uberiser notre marché. (Ou la dette toxique de l’état à force de décisions sans compréhension, et je parle pas de la gestion des autoroutes…)

L’effet Steve Jobs

Combien de fois avons nous entendu “Steve Jobs ne demandait pas l’avis de tout le monde”. C’est faux a double titre. Tout d’abord il s’entourait de designers compétents et le design est profondément ancré dans le design d’apple. De plus, il   ne demandait pas leur avis aux consommateurs, mais il écoutait leurs besoins.

WTF !

Une bonne approche pour répondre au culte du cargo et faire prendre conscience de la complexité de certains processus est le “Wireframe that first” (Abby Covert). Souvent on se rend plus vite compte de la logistique que demande telle ou telle approche et des budgets requis lorsqu’on voit l’interface qui doit être alimentée pour que ça fonctionne. Menfin, l’UX c’est pas que du wireframenon plus!

L’esprit d’escalier

Cela nous arrive tous. On fait ce super brainstorm et là, au sortir de la réunion, en bas de l’escalier… Bim! L’idée qui tue! Comme disait Diderot “l’inspiration nous vient en descendant l’escalier de la tribune”. On ressasse, “j’aurais du dire ça” après avoir quitté l’interlocuteur. C’est l’esprit d’escalier.

Faut-il le combattre? Remettre en question les fruits de la réunion? Avancer car il le faut bien? Soit on le prend comme une étape du processus en incluant des ateliers de création nombreux, gamestorming ; soit on l’absorbe dans une approche agile ou lean. Point trop d’escalier ne faut cependant si on veut arriver au bout d’un projet.

Faire de l’UX au zoo

Le Hipo, c’est la personne haut placée, jamais disponible et qui arrive en fin de projet en disant “ma femme n’aime pas le bleu, refaites moi tout ça du début”. Ils peuvent anéantir des mois de travail en un passage éclair en réunion. Lorsqu’ils parlent, les autres n’osent pas montrer leur désaccord ou afficher leur opinion… Et pourtant, ce sont les décisionnaires et on n’arrivera à rien sans eux.

Il existe des variantes: l’hipo (la personne la mieux payée), le pingouin (celui avec le plus beau costume)…

Comment s’y prendre pour designer avec lui?
On aimerait faire sans parfois, mais c’est impossible, alors comment les inclure dans le processus de conception et en faire des alliés?

Interviewer le HIPO permet de créer de l’empatie en parlant des valeurs, défis, menaces, de la stratégie et de présenter son rôle. Cela donne de la légitimité à votre travail et le rassure sur la prise en compte de ses besoins.

Prendre des décisions basées sur la data (études, analytics) est souvent salutaire. Le HIPO a tendance à dire que “Si on a plein de data on va la regarder, si on a plein d’opinions, on va prendre la mienne”.

La vérité de Lapalisse

Cela consiste en l’affirmation d’une évidence. Par exemple :  “S’il n’était pas mort, il serait encore en vie.” Bah oui, merci Captain Obvious. On peut alors répondre :
“Lapalisse en aurait dit autant” et personne, la plupart du temps ne comprendra la blague.

On en entend souvent dans le web :

  • “Sans CTA les gens cliqueront pas”
  • “Plus il y a d’items dans une liste déroulante, plus elle est longue”
  • “D’où viennent les gens qui font le parcours utilisateur?”

En réalité, dans notre métier, formuler les évidences est important, car ce qui nous semble évident ne l’est pas toujours pour les autres. On gagnerait presque à utiliser des Critères de Lapalisse, comme on use des critères de Bastien et Scapin.

Le chat de schodinger

Souvent, lorsque nous concevons une interface sans tests utilisateurs (et cela nous arrive tous un jour où l’autre), nous concevons des itnerfaces à superposition quantique. L’interface est à la fois utilisable et non utilisable.

Concepts bonus

Principe de Peter

Dans toute hiérarchie, on monte jusqu’à devenir incompétent

Loi de Parkinson

Le temps passé augmente pour occuper tout le temps qui lui est affecté.

Syndrome de Stockholm

Lorsqu’on développe de l’empathie par contagion émotionnelle et de la sympathie envers ses preneurs d’otages. En régie, on arriver à justifier ce que fait le client, sa structure. On perd sa vision de défendre les utilisateurs car on se trouve otage de leur process et de leur politique.

Le journalisme Gonzo

Gonzo était un journaliste créatif, type sociologie participative en immersion.
Cela donne la recherche utilisateur gonzo : aller sur le terrain et faire avec les utilisateurs. Gonzo lui, consommait de la coke pour faire des reportage sur les drogués.

La règle de 5 C

C’est con mais c’est comme ça

Conclusions de Jesse James Garret

L’ux est une condition acquise pour laquelle il n’y a pas de remède.

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