Hysteria hospital : vous avez rêvé de devenir infirmière?

Ne vous inquiétez pas, hysteria hospital est là pour vous en guérir.

Présentant un gameplay “féminin” au possible, si l’on en croit le cahier du jeu vidéo dédié au “Girl power”, il illustre parfaitement ma vision d’une majorité de jeux facebook de mauvaise qualité, l’addictivité en moins. Comment, me direz vous, peut on faire pire que Cow clicker? Encore cow clicker a-t-il un gameplay.

Enchainant les niveaux comme une montre suisse, les hôpitaux se succèdent et se ressemblent. Dans chacun, vous pourrez équiper vos pièces et vous occuper de vos malades. Jouant la carte de l’humour, Hysteria hospital propose de faire de la microgestion une chasse à la productivité.

Ainsi, vous aurez l’ingénieuse tâche de réagir rapidement à tout ce que l’ordinateur vous demande de faire, et de vous exécuter sans réfléchir s’il vous plait. Chaque client rentre et indique la tâche qu’il faut lui faire faire. Attrapez le comme un Imp et lancez le sur le bon appareil pour le faire diagnostiquer, soigner… Dommage qu’il ne soit pas possible de les baffer à l’instar de Dungeon keeper.

Bien sûr, le docteur présent ne sait que faire sans le dossier du client. C’est ici qu’intervient l’infirmière : le jeu vous offre le plaisir de lui faire faire des allers retours sans fin pour apporter dossiers médicaux et médicaments, puis de faire rapidement le ménage avant l’arrivée du suivant.

Ainsi le jeu se limite a une répétition mécanique des mêmes actions, insipide. Une fois que l’on a bu son café ou augmenté ses frais, aucun besoin de se dépêcher, le jeu ne semble pas pouvoir être perdu. Ca n’est pas pour valoriser le métier des infirmières.

Dans un espoir vain, je me suis imaginée un instant que la difficulté augmenterait par des arrivées de plus en plus rapides de patients, qui mèneraient à un certain challenge, même par effet post-it. Le son du timer en fin de partie est encore ce qu’elle a de plus stressant.

La complexité des tâches augmente toutefois : les patients mettent plus longtemps à guérir, il faut donc mieux gérer ses lits, faire plus d’allers retours, boire plus de cafés. Certes, les hôpitaux gagnent de plus nombreux équipements, des étages parmi lesquels il faut naviguer, se souvenir des patients que l’on ne voit pas. Mais arrivés à la moitié du jeu, il est toujours quasi impossible de ne pas atteindre le niveau expert.

Et voilà. Un jeu basé sur la gestion du temps, le multitâche, la répétitivité (toutes ces mécaniques de gameplay dites féminines). A un seul détail près : il n’y a pas réellement de gameplay.

Réjouissance minime, il est possible d’y incarner un infirmier. Une volonté d’attirer un public mâle? Si ce n’était pas aussi ennuyeux par principe, et s’il était possible de changer de personnage après coup, cela permettrait au moins de donner la satisfaction de voir un homme se taper ce travail d’esclavage. Mais même cela est foiré.

Je conclurais donc avec un mot sur le métier. Être infirmière, ça n’est pas juste amener les patients au bon endroit, courir après les papiers et médicaments et éviter les morts. Ce métier a sa part d’humain et de casse tête qu’un jeu saurait mettre à profit pour créer une expérience enrichissante et fun. Toutefois, il y a un point qu’aborde probablement involontairement hysteria hospital. Sans les infirmières, les docteurs ne seraient rien.

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