Intervenir en tant que conseil externe

L’intervention de l’ergonome peut aussi se faire en mode « conseil ». Cela fut le cas pour des projets comme « Fluidity » et « Avenue de l’école de Joinville » pour lesquels les équipes ont spontanément fait appel à un regard d’ergonome extérieur au projet.

Il s’agissait ici de demandes ponctuelles concernant un point en particulier : respectivement, un tutoriel et une interface. Une première prise de connaissance du contexte, des intentions et de l’existant, confronté à une expertise en termes d’ergonomie. Le choix et la mise en place d’une méthodologie peut être validée collaborativement avec l’équipe projet, en présentant le type de résultats qui peuvent en être attendus.

Il est cependant important dans ces cas de porter attention aux interlocuteurs : qui fait la demande d’intervention ? Toute l’équipe est-elle informée ? Les acteurs sur lesquels impactent les retours sont ils impliqués dans la demande, ou au moins informés de celle-ci ? Quelle est leur position par rapport à celle-ci ?

Dans le cas de Fluidity, c’était le porteur de projet qui a réalisé la demande de façon informelle. Il constituait par la même occasion le seul interlocuteur dans le cadre de ce conseil. Ce dernier a ensuite pu diffuser l’information en interne au sein de l’équipe, de façon personnelle ou avec le support des recommandations.

Dans le cas de Joinville, ce sont les acteurs du développement eux-mêmes qui ont fait appel au regard extérieur d’un ergonome, alors qu’ils étaient confrontés à une difficulté particulière en termes de production. Dans ce cas là, la réalisation d’une proposition d’interface sous Axure a été faite dans la foulée et remaniée ensuite par le designer, afin de tenir compte d’autres contraintes.

L’enseignement qu’il faut en tirer est que la position de consultant externe requiert de faire attention d’autant plus à l’humain. Il ne s’agit pas seulement de gérer des coéquipiers, mais aussi de comprendre le mode de fonctionnement de ladite équipe, tenir compte des tensions éventuelles.

Si cela permet d’avoir un recul impossible à obtenir en interne, cela comporte aussi le risque d’avoir une vision parcellaire et de passer à côté de contraintes ou de problématiques humaines invisibles au premier regard. Il faut donc être particulièrement vigilant à bien comprendre et analyser la demande et le contexte dans lequel elle a été émise afin d’y répondre au mieux.

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