L’intervention ergonomique comme acte pédagogique

Les travaux réalisés pour des clients sont le plus souvent très cadrés, structurés et suivent un processus clairement défini, faisant une belle place à l’ergonomie de conception. Sur GCM, ces processs rodés ne sont pas appliqués, par souci d’économie sûrement, ou parce qu’il n’y a rien à vendre.

Ce delta est aussi le reflet de la méconnaissance de ce qu’est l’ergonomie, de sa valeur ajoutée. Les process existe, mais on ne sait pas trop pourquoi. L’opportunité de travailler sur un projet dans lequel les process étaient l’occasion idéale de bousculer ces acquis et d’élargir la vision de l’ergonomie.La notion d’acte pédagogique

 

La démarche mise en place au cours de cette intervention ergonomique s’est voulue participative et collaborative par la confrontation entre connaissances en ergonomie et une large part dédiée aux savoirs des opérateurs et des spécialistes techniques. L’analyse de l’activité a permis de déterminer les stratégies utilisateurs, prises en compte dans les différentes propositions ergonomiques et graphiques, par petites touches peu couteuses pour s’assurer de leur implémentation.

En parallèle, la diversité des interactions et collaborations a contribué faire connaitre les principes de l’ergonomie.

Comme le rappelle Dugué, (2010), l’intérêt et l’efficacité des démarches participatives en ergonomie réside dans :

  • La découverte des représentations des différents acteurs concernés des situations de travail et questions à traiter
  • La prise de connaissance précise du travail réel et des coûts des différentes sollicitations des opérateurs
  • La possibilité pour les personnes d’agir sur leur propre situation de travail dans un double objectif de santé et d’efficacité économique
  • La pérennité de la démarche dans à travers la transmission de savoirs mis à l’épreuve dans les structures existantes ou celles mises en place pour l’intervention, après la fin de celle-ci.

L’ergonomie crée une démocratie participative temporaire, que nous avons pu observer sous la forme d’espaces de discussion et d’échange créés par les situations de recueil de données. Ces espaces dépassent la situation d’observation elle-même.

Ce sont également des liens tissés entre les acteurs qui ont permis par la suite des échanges plus informels lors de pauses café, avec des opérateurs moins impliqués et volontaires de prime abord.

Quelle que soit la situation, j’ai pris le parti d’envisager l’intervention comme un acte pédagogique, visant à transmettre aux opérateurs une vision plus vaste de l’ergonomie, mais aussi de transmettre les différents savoirs-faire mis à jours par ce biais aux individus, à travers des échanges répétés autour de nouveaux résultats.

 Quels impacts sur l’intervention ergonomique ?

Le challenge de cette approche est qu’en plus de la dualité des objectifs, chaque étape de la démarche a dû être pensé à la fois en termes d’apport au projet, mais aussi de négociation des marges de manoeuvres disponibles pour mener à bien l’intervention.

A titre d’exemple, la diffusion à grande échelle d’une enquête a dû être négociée. La stratégie mise en place pour déployer la démarche s’est largement appuyée sur la flexibilité et persistance sur la méthodologie.Pour des raisons politiques, l’enquête à grande échelle n’était pas bienvenue car cela créerait trop d’attentes des utilisateurs.

Un test utilisateur avec peu de participants était ok, par contre.J’ai donc inclus mes questions d’enquêtes dans la foulée sur les quelques participants. En présentation des résultats, finalement, c’est le commanditaire qui m’a demandé de réaliser l’enquête, titillé par les bouts de données que je lui montrais.

 

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