La notion de regulation

La régulation est une réduction de l’écart constaté entre la production effective et la production désirée. Cet écart est mesuré par l’opérateur qui adapte ensuite ses méthodes de travail pour se rapprocher du résultat souhaité. Il s’agit d’un mécanisme de contrôle.

Cette régulation peut se faire en boucle longue, c’est à dire une fois que la tâche est terminée, en rapprochant le résultat final obtenu à celui qui était attendu. Il peut aussi e faire en boucle courte, c’est à dire tout au long du travail. Cela sous entend que l’opérateur est capable de se faire une représentation à tout moment du résultat final, à partir de ce qu’il sait d’un état intermédiaire donné. Il doit donc être capable d’anticiper sur le reste de la tâche pour s’adapter au fur et à mesure.

Comme illustration, on peut faire le rapprochement avec les programmes équipés d’une fonction wysiwyg, c’est à dire qui permettent de voir en direct les résultats d’une action faite par l’opérateur. Par exemple, pour la création de pages internet, il est possible d’écrire le code de la page web dans un fichier texte, puis de le transformer en fichier html.

On effectue alors une régulation en boucle longue. Si l’on utilise un programme tel que front page ou Dreamweaver, on voit les modifications de la page web en même temps que l’on écrit le code (ou on voit le code changer à mesure que l’on modifie l’apparence). Il devient alors possible d’effectuer une régulation en boucle courte. En fonction de la longueur et complexité de la tâche un système de contrôle sera plus avantageux que l’autre.

La régulation peut concerner un système. C’est le cas lorsque l’opérateur effectue des tâches de contrôle. Contrôles qualité à la sortie d’une usine de bouteille, ou surveillance de la position d’avions. Dans le second cas, l’opérateur observe les positions des engins, vérifie que les trajectoires sont respectées, que l’avion ne dévie pas, que deux appareils en vol ne risquent pas d’entrer en collision. S’il constate un écart, il peut intervenir de façon à rectifier la trajectoire, en envoyant un message au pilote par exemple.

Lorsque la régulation concerne l’activité humaine, l’opérateur ajuste son activité en fonction de ce qu’il perçoit de sa production et des répercussions de ses actions préalables. Il peut par exemple modifier sa position s’il ressent des douleurs jusqu’à en trouver une qui soit confortable, ou désactiver un dispositif de sécurité si celui ci constitue une gène dans son travail, et qu’il constate que ce dernier est deux fois plus rapide sans. En d’autres termes, l’opérateur adaptera son travail en fonction des répercutions qu’auront eu ses actions sur lui même et sur son travail, et cela en fonction de la situation. C’est ici qu’interviennent les marges de manœuvre.

Pour réguler son travail, l’employé prendra en compte des possibilités qu’il a pour améliorer ses performances. S’il n’a aucune marge, il ne pourra pas modifier son activité. Plus il aura de possibilités, plus il aura de chances de trouver une solution adaptée. Les conditions qui vont déterminer son activité peuvent être internes, relevant des caractéristiques de l’opérateur : sa santé, de ses compétences, de sa motivation.

Ces conditions internes sont couplées à des conditions externes, dépendant de la tâche, des buts définis, de la consigne, de la charge de travail. L’opérateur conciliera les deux au mieux pour réaliser son activité et modifiera celle ci en fonction des conséquences qu’a eu son action sur ces conditions externes. Par exemple, les buts définis sont atteints ou pas, le niveau de fatigue ou de stress augmente. C’est aussi au niveau de ces conditions que l’intervention ergonomique agira sur le travail pour éviter les effets indésirables sur la santé ou sur la production.

Bibliographie
Coutarel, F. (2005) Intervenir sur l’organisation du travail : entre efficacité et prévention, faut-il choisir? Performances, Septembre-octobre 2005, pp. 10-12
Falzon, P. (2004) Nature, objectifs et connaissances de l’ergonomie. In P. Falzon (Ed.) Ergonomie. Paris : PUF
Darses, F. de Montmollin, M. (2006) L’ergonomie. (4ème ed.) Paris : la découverte (repères)
Weinberg, A. (2007) Nous sommes tous des ergonomes. Sciences humaines, n°181 avril 2007, pp. 54-57

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