L’ergonomie, une histoire d’objectifs concurents

En ergonomie du travail, les contraintes de productivité et les besoins de santé mettent l’ergonome dans une position intermédiaire, dans laquelle il doit imaginer des compromis profitables à tous. Pour composer avec ces buts complémentaires, l’ergonomie du travail considère que l’amélioration de la productivité passe nécessairement par l’amélioration des conditions de travail. Dans le domaine de l’ergonomie logicielle, de même, la facilité d’utilisation d’un produit garantit en partie son efficacité, et donc son utilité comme outil.

Dans un jeu vidéo, il en va tout autrement. L’utilité du jeu réside dans son pouvoir divertissant, distrayant, dans le plaisir qu’il apporte au joueur. Une des conditions de l’utilité de celui-ci réside dans la recherche de la difficulté. (Salen, 2003) En d’autres termes, les objectifs de l’ergonome sont ici en concurrence : une utilisabilité optimale limiterait l’utilité du jeu. En effet, la recherche du plaisir sous-entends de ne pas satisfaire à certaines règles ou normes, nous verrons en détail pourquoi dans la partie dédiée aux critères ergonomiques.

L’ergonome doit faire la part entre les difficultés que le joueur recherche, et celles qui l’ennuient. Son travail portera principalement sur la recherche d’un équilibre entre difficulté ludique et facilité d’utilisation. Le mot d’ordre est que le joueur ne doit pas rencontrer d’obstacles qui ne font pas partie du gameplay. (Dubois, 2008)

Dans cette optique, l’ergonome est amené à travailler d’une part sur les fonctionnalités proposées par le jeu, les mécanismes ludiques à l’origine du plaisir du joueur pour s’assurer de leur efficacité intrinsèque et d’autre part de la qualité de leur implémentation dans le jeu, notamment à travers les interfaces.

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *