Qu’est ce que l’ergonomie?

Origine

L’ergonomie s’est dans un premier temps développée dans l’industrie, à la rencontre de l’approche hygiéniste de la médecine du travail et de l’approche productiviste du bureau des méthodes. Elle prend en ce sens en compte les objectifs de productivité et de santé de chacun, en adoptant une position centrale, axée sur la compréhension de l’activité du travailleur.

L’ergonomie a un double but d’amélioration des conditions de travail, et de la productivité de celui-ci. Son but est de transformer le travail afin de répondre aux objectifs économiques ou d’efficacité de l’entreprise, tout en préservant la santé de l’opérateur. Elle considère à cette fin la relation entre l’homme et son travail comme axe de réflexion. (Guérin, 1997)

Issue de la rencontre entre la psychologie, la physiologie et l’ingénierie, elle fait appel à toutes les sciences concernées par le travail, de la sociologie à la communication, en passant par le management et la linguistique. L’ergonomie est en ce sens multidisciplinaire. L’articulation de différentes sciences dans l’approche ergonomique lui confère de plus un regard interdisciplinaire spécifique.

Principe

L’ergonomie est définie comme une science appliquée au travail, qui place l’activité au centre de la situation de travail. L’ergonomie distingue celle ci de la tâche (les consignes de travail), car elle part du principe que la pratique diffère toujours de la théorie, du fait de déterminants externes et internes. En effet, elle prend en compte les conditions de travail effectives avec lesquelles l’opérateur doit composer, mais aussi la diversité des opérateurs et leur variabilité. (Falzon, 2004)

L’ergonomie étudie donc la façon dont l’individu compose avec son environnement, les nuisances qu’il peut éventuellement comporter (ambiance sonore, présence de toxiques, éclairage, etc), les moyens qui sont à sa disposition. Ceci comprend les outils et leur état, la possibilité de faire appel à un collègue, la marge de liberté dont ils disposent pour organiser leurs pauses, leur rythme de travail…

Côté travailleur, d’une part l’ergonomie le considère comme un individu avec des compétences, connaissances, mais aussi un corps, un coeur, une famille. Elle prend ainsi en compte la façon dont chaque opérateur différent redéfinit sa tâche pour se l’approprier, et lui donner un sens.

D’autre part, elle prend en compte les rythmes biologiques de ce dernier, entre autre, qui modifient ses caractéristiques intrinsèques d’un moment à un autre. Ceci relève plus de la chronobiologie, par exemple, en terme de vigilence. Ces thématiques sont particulièrement étudiées dans le cadre du travail de nuit.

A partir de la compréhension de la situation de travail, et des apports théoriques de différentes sciences, de normes, de recommandations, l’ergonomie propose des aménagements souples. Ceux ci permettent d’adapter le poste de travail à celui qui l’occupe.

Chaque poste de travail (combinaison d’un individu avec une tâche assignée) l’ergonomie permet d’évaluer les conséquences de l’activité sur l’entreprise et sur l’employé, et leurs effet en retour sur la situation de travail. C’est la notion de feedback, au coeur de toute considération ergonomique, l’idée étant de créer une double boucle positive. Cette approche de l’ergonomie est modélisée sous la forme d’un schéma à cinq carrés, qui met en scène l’articulation des composantes du travail et leurs interactions.

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