Self esteem games

“Une première mondiale aurait été réalisée à Montréal, au Canada par des étudiants au doctorat en psychologie et des chercheurs de l’Université McGill. Ils auraient développés des jeux vidéo qui aident à augmenter l’estime de soi !”

Lisant cela, je me précipite. J’étais justement intéressée par le sujet, me demandant si je pouvais faire une petite expérience pour dans quelle mesure la pratique du jeu vidéo pouvait avoir des influences positives.


Toujours est il qu’alors que je cherchais un test de l’estime de soi acceptable sur le net, j’ai appris l’existence de ces jeux, réalisés par un labo Canadien. je me suis évidemment précipitée dessus, pour voir de quoi ils avaient l’air.

Wham!

Wham consiste à cliquer sur des mots qui apparaissent dans l’une de quatre cases. Lorsque cela est fait une image apparait brièvement à la place du mot. Lorsque le mot est la date de naissance du joueur ou on nom, l’image apparaissant est un visage souriant. Le cas échéant, il s’agit d’un visage affichant une humeur quelconque, mais pas souriante.

Eyespy

Eyespy consiste à repérer dans une série de visages, le seul qui est souriant, sur lequel il faudra cliquer. L’exercice est répété plusieurs fois et donne lieu à un score.

Grow your chi

Ce jeu consiste à cliquer sur des nuages défilant contenant soit un visage souriant soit le prénom du joueur, parmi des visages aux expressions diverses et d’autres prénoms. A chaque clic bon, on gagne 10 point, à chaque mauvais click on en perd autant.

Tout d’abord, je voudrais préciser que je trouve les deux premiers jeux relevant plus du conditionnement que du ludique. Ils sont par ailleurs relativement ennuyeux, ne proposent aucun challenge si ce n’est de savoir utiliser une souris. D’autre part, ils sont biaisés, en paritculier Eyespy, malgré des efforts visibles. En effet les visages souriants sont les même personnes, même s’il existe des variantes en cours de partie, on peut reconnaitre la personne, voire l’image elle même plutôt que le sourire.
Grow your chi est bien plus intéressant. S’il ne présente pas forcément de récompense à la réussite, en dehors d’un écran et d’une animation ennuyeuse qui gâchent le plaisir du jeu, il a l’avantage de présenter quelques difficultés, en un niveau croissant, permettant de valoriser la réussite. On ne peut par ailleurs s’empêcher la première fois que l’on clique sur son propre prénom pour la première fois, d’avoir chaud au coeur en quelque sorte. Cependant, l’affichage d’un visage souriant perd rapidement de son effet, en devenant routine. Si les expériences en labo ont eu des résultats significatifs, je demande à voir les résultats des expériences en chiffre. Je devrais probablement aller chercher les articles qu’ils ont publiés pour plus d’information. en tout cas, je ne suis pas sure d’être d’accord avec leur positionnement de départ, mais je ne suis pas assez renseignée dans le domaine pour vraiment prendre position pour le moment.

Cela dit, les concepts présentés à travers ces mini jeux peuvent très bien être exploités dans le contexte de vrais jeux vidéos. Par “vrais” j’entends traditionnels, et plus complexes, non expérimentaux. il serait facile d’intégrer ces éléments positifs dans le déroulement d’un jeu, comme mini-récompenses après avoir résolu un problème ou suite à certaines actions, pour accentuer la satisfaction de la réussite elle même.
Par contre cela pose le problème de la motivation du joueur à faire cette action en particulier : est ce pour le challenge, pour son propre plaisir ou pour la récompense morale? A vouloir investir le jeu vidéo de renforcements positifs, est ce qu’on n’en anéantira pas les avantages qui justement font qu’ils sont un moyen d’apprentissage sans douleur et de développement personnel? est ce qu’on ne va pas en diminuer l’intérêt intrinsèque à force de motivation extrinsèque, un peu comme l’école désintéresse les enfants de l’apprentissage, comme il diminue leur curiosité naturelle? Des questions pratiques autant qu’éthiques, auxquelles il faudrait réfléchir sérieusement avant d’investir le domaine du vidéo ludique : on se souvient du jeu séparé en bon et mauvais jeu, alors qu’au départ, on a commencé à faire du jeu “éducatif” en se rendant compte de ses vertus développementales, reniées dès l’instant où l’on s’est mis à étiqueter comme jeu éducatif ceux reprenant les principes scolaires.

Pour finir, je tiens à saluer l’utilisation de personnes avec différentes couleur de peau dans le test, avec des humeurs différentes pour chaque visage. Je suis intimement persuadée que le jeu vidéo peut aussi à travers son utilisation influer sur la catégorisation sociale, dans une certaine mesure et ainsi contribuer, sans revenir sur la discrimination, à atténuer les préjugés négatifs.

Améliorer son estime de soi avec des jeux vidéo

Self esteem games

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *